Le CNC se positionne

Le 10/02/2021 à 11:45

Le réseau de surveillance des pathologies des mollusques (Répamo) est depuis sa création en 1992 orchestré par l’Ifremer sous l’égide du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Une organisation remise en cause depuis que l’institut a annoncé vouloir recentrer son activité et arrêter la coordination technique du réseau. En fin d’année dernière, le Comité national de la conchyliculture (CNC) s’est positionné pour reprendre le flambeau aux côtés de son homologue de la pêche. « Cela a été validé lors du dernier conseil du CNC, confirme Audrey Lainé, chargée des affaires sanitaires au sein de ce comité, et pourrait permettre d’améliorer certains dysfonctionnements actuels du réseau. »

TEMPS PERDU

Un des points à revoir : la réactivité. « Les professionnels estiment qu’il peut y avoir deux à trois semaines entre la déclaration de mortalité et le prélèvement, rapporte Audrey Lainé. C’est du temps de perdu pour mettre en place les mesures de gestion. » Dans la nouvelle organisation imaginée par le CNC, les professionnels seraient chargés de prélever euxmêmes les animaux. Autre évolution, la direction générale de l’Alimentation finançait jusqu’ici les analyses et le suivi des mortalités conchylicoles pour les pathogènes réglementés et quelques autres supplémentaires : herpès virus OsHV1-μVar, Vibrio splendidus et aesturianus. Cette dernière devrait ne plus subventionner demain que les cinq pathogènes à déclaration obligatoire. Cependant, en récupérant la coordination du réseau Répamo, la profession conchylicole aura aussi le pouvoir de faire des analyses sur d’autres micro-organismes (Francisella halioticida, Haplosporidium costale, etc.). « En concertation avec les professionnels et leurs besoins », précise néanmoins la spécialiste des affaires sanitaires. L’idée sous-jacente de cette nouvelle organisation est aussi d’impliquer davantage la filière. « Il y a aujourd’hui peu de déclarations, et seulement une trentaine d’analyses par an ces dernières années. Ce n’est pas suffisant, souligne encore Audrey Lainé. On espère qu’avec une meilleure image zoosanitaire, on pourra en tirer davantage de conclusions. » Pour améliorer la gestion zoosanitaire et, dans certains cas, être en mesure de réclamer des indemnités. Marion Larronde-Larretche