Label : un escargot sur les bourriches

Le 04/03/2021 à 15:25

Installés près de la pointe de l’Istrec à Locoal-Mendon sur la rivière d’Étel (Morbihan), Tifenn et Jean-Noël Yvon réactivent une démarche Slow Food qu’ils avaient déjà entamée en ostréiculture voici une dizaine d’années. « Nous nous sommes engagés à valider le cahier des charges des sentinelles Slow Food pour valoriser le bon, propre et juste. Ainsi, nous allons bientôt arborer l’escargot rouge sur nos bourriches », se réjouit Tifenn Yvon. C’est une évidence pour ces professionnels déjà reconnus et impliqués à travers plusieurs associations. « Si le réseau Cohérence qui fédère en Bretagne les acteurs d’une économie durable et solidaire est en perte de vitesse, nous demeurons plus que jamais engagés avec Ostréiculteur traditionnel, qui défend l’élevage des huîtres nées en mer, et Nature et progrès, qui vise à rapprocher consommateurs et producteurs dans le cadre d’une agroécologie paysanne. Avec la crise sanitaire, ces combats ont révélé tout leur sens », souligne l’ostréicultrice morbihannaise qui produit environ 60 tonnes par an.

AUTHENTICITÉ

La marque Slow Food, initiée en 1989 par le journaliste et critique gastronomique Carlo Petrini, offre selon elle un gage supplémentaire d’authenticité et de transparence à l’usage des consommateurs. « Nous n’allons pas relancer la polémique sur l’étiquetage, mais il est indispensable que nos huîtres puissent être parfaitement distinguées des produits d’écloserie. Nous travaillons dans le souci du goût, en respectant les cycles naturels propres à notre milieu et en cultivant une réelle approche sociétale », insiste Tifenn Yvon, dont l’entreprise a reporté ses marchés du gros vers le détail en l’espace d’une décennie. « La pandémie nous met bien sûr à l’épreuve, mais elle semble nous donner raison sur le fond, reprend l’éleveuse. Même si c’est contraignant, il y a une prise de conscience : là où nous n’étions que deux entreprises ostréicoles affiliées au Slow Food, nous serons bientôt six. » Des professionnels comme Pascal Simon à Cancale, Antoine Mahé à Larmor-Baden, Laurent Thomas à Pénerf, ou encore David Mercier près de Rochefort devraient ainsi prochainement placer leur travail sous le label de l’escargot rouge.

Bertrand Tardiveau