Réhabilitation : le broyage des coquilles à l’essai

Le 09/03/2021 à 15:27

Le chantier du nettoyage des friches ostréicoles et des massifs huîtriers se poursuit dans le bassin d’Arcachon. Avec 1 000 hectares à réhabiliter, « c’est un véritable challenge auquel on doit faire face », souligne Yves Foulon, le président du syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon (Siba), maître d’ouvrage sur ce dossier.
Après les interventions menées aux Jacquets sur 27 hectares en 2018 et 2019, l’opération porte sur le banc de Bourrut où 44 hectares sont en cours de nettoyage. Les travaux, réalisés avec l’appui de la drague La Trézence et du conseil départemental de Charente-Maritime, ont débuté le 1er février. Ils devraient se terminer à la fin du mois de mars.

EXPÉRIMENTATION

D’ici là, une pelle mécanique enlève tables et poches ostréicoles. Une dameuse casse les massifs d’huîtres avant de niveler le sol. Des opérations qui seront complétées par une expérimentation de broyage des coquilles. « Même après plusieurs passages de la dameuse, un tapis d’huîtres très dense persiste, ce qui a de grandes chances d’entraîner de nouveaux captages, explique Aurélie Lecanu, directrice du pôle maritime au Siba. Quant aux essais menés avec une drague à coquillages, ils ont échoué. Nous avons donc décidé d’essayer une nouvelle technique. »
Trois types de broyage vont être testés. Le premier sera effectué par une dameuse munie d’un broyeur forestier. Le second sera réalisé par cette même dameuse mais équipée d’une fraise de 5 mètres de large. Le troisième, pour les zones très vaseuses, sera conduit par une pelle sur ponton munie d’une roue à l’avant et à l’arrière. Il s’agira ensuite de regarder comment ce sol va évoluer pour permettre le retour des ostréiculteurs sur le sud du banc ainsi que sur une bande en première ligne, plus au nord, mais aussi de voir si cette technique sera propice à la recolonisation du secteur par les zostères, l’autre objectif du chantier. Thierry Lafon, le président du comité régional conchylicole, reste déjà prudent sur une utilisation systématique du broyage. « Il est tentant d’utiliser cette technique pour faire de la superficie à des coûts compétitifs, mais attendons d’abord le retour d’expérience. Cela me parait être une opération superficielle. » Loïc Fabrègues