Restaurer les récifs

Le 16/06/2021 à 9:32

Une initiative environnementale destinée à restaurer les récifs de la côte est des États-Unis a permis de soutenir les ostréiculteurs, durement affectés par la fermeture des restaurants dans un contexte de crise sanitaire. Il s'agit du programme SOAR (supporting oyster aquaculture and restoration) déployé en octobre dernier. Il a permis d'acheter 5 millions d'huîtres en provenance de 100 fermes ostréicoles du New Jersey, du Maryland, de New York, du Massachusetts, du New Hampshire, du Maine et de l'État de Washington. Le tout pour une enveloppe globale d'un peu moins de 2 millions de dollars, sachant que chaque huître dépassant les six centimètres (2,5 pouces) était achetée moins de 50 centimes pièce. L'organisation The Nature Conservancy a précisé que les prix pouvaient être ajustés en fonction de l'état du marché. « Nous devons nous assurer que le programme n'entre pas directement en concurrence avec le marché de gros », précise l'organisme. Ces huîtres ont ensuite été déposées sur l'un des 20 récifs sélectionnés à proximité. Soit une opération « gagnant-gagnant » pour Bob Rheault, directeur général de l'association des producteurs de la côte est, qui n'a pas caché son soulagement. « C'est providentiel d'avoir vu ce programme aboutir à un moment où la communauté conchylicole s'inquiétait de savoir comment passer l'année. Ce programme permet de faire le tri dans les concessions, de rentrer un peu d'argent, tout en protégeant nos eaux. »

La restauration des bancs sauvages aide à fixer un écosystème marin fragile, contribue à une meilleure qualité de l'eau et à protéger les rives de l'érosion en servant de tampons naturels contre l'effet des marées et des phénomènes naturels violents comme les ouragans. « La reconstruction de bancs sauvages est l'une des opportunités les plus prometteuses pour restaurer les écosystèmes côtiers, indique Aaron Kornbluth, l'un des porteurs du projet. Et l'utilisation des huîtres devenues trop grosses pour être commercialisables accélère considérablement les projets de restauration. Nous espérons que cette initiative contribuera à une plus étroite collaboration entre les producteurs et ceux qui travaillent à la reconstitution des habitats sauvages. »