Valoriser les prédateurs

Le 18/06/2021 à 9:40

«NOUS SOMMES SOULAGÉS D'AVOIR UNE SOLUTION POUR NE PAS NOUS RETROUVER DANS LA SITUATION DE DÉTRUIRE DU POISSON FRAIS. »

Le comité régional conchylicole de Bretagne nord a signé un partenariat avec l'association Le Panier de la mer (atelier malouin), qui transforme des produits de la mer grâce à des salariés en insertion puis les distribue à des associations caritatives. Mais il ne s'agit pas, contrairement au fonctionnement habituel de l'association, de récupérer des invendus sous criée. Le CRC a souhaité lui confier la valorisation des prises de dorades issues des systèmes de lutte contre la prédation en baie de l'Arguenon et de la Fresnaye, afin de ne pas être obligés de détruire des poissons. « Le dispositif anti-prédation fait l'objet d'un financement Feamp et le CRC n'est pas une entreprise à but commercial, donc on ne pouvait pas vendre cette pêche », explique Yann Deydier, chargé de mission au CRC Bretagne nord. Une mise à disposition pour le marché alimentaire des animaux domestiques a été envisagée mais n'a pas abouti. La convention avec l'association a donc été signée au printemps dernier, juste avant la saison de la dorade. Elle vise à confier à l'atelier de l'association les pêches supérieures à 20 kilos que les professionnels n'auraient pas la capa-cité d'absorber. « Le principe est de livrer la pêche à Saint-Cast, à l'annexe de la criée d'Erquy », développe Yann Deydier. Ou de confier le stock au transporteur Delanchy, partenaire de l'association, qui assure des liaisons entre Saint-Cast et la région malouine. L'atelier du Panier de la mer travaille quotidiennement avec un réseau de criées bretonnes et normandes, dont Erquy. « Logistiquement, c'est finalement assez simple », commente le chargé de mission du CRC. Mais le partenariat n'a pas encore été testé, les professionnels n'ayant pas eu de surplus à confier à l'association jusqu'à présent. « Nous étions l'année dernière en phase de réglage pour le dispositif anti-prédation, commente Yann Deydier. Mais nous sommes soulagés d'avoir mis en place une solution afin de ne pas nous retrouver dans la nécessité de détruire du poisson frais. » L'atelier de Saint-Malo n'est pas équipé pour valoriser les araignées, autres prises du dispositif anti-prédation, mais l'association est intégrée « dans un groupe de réflexion pour trouver une solution de décorticage », indique Jean-Marie Le Buan, directeur de la fédération Le Panier de la mer.