L'IGP prête à déconfiner

Le 15/07/2021 à 10:41

La crise sanitaire a fortement ralenti l'obtention de l'IGP mais le projet avance. Porté notamment par Julien Lafosse, ce label permettra aux consommateurs de mieux identifier le produit régional.

L'espoir vient de revenir ! », glisse Julien Lafosse, depuis son bureau. Le président de l'association de promotion et de défense de l'huître de Normandie voit le bout du tunnel d'un dossier entamé il y a déjà plusieurs années. « Avant la crise sanitaire notre dossier était prêt, nous avions rempli le cahier des charges et nous étions en négociation avec les organismes qui gèrent les contrôles, détaille celui qui est aussi ostréiculteur à Blainville-sur-Mer, dans la Manche. Le problème venait de l'Inao [Institut national de l'origine et de la qualité] car cet organisme ne travaille pas sur deux  dossiers à la fois et est actuellement occupé avec le camembert de Normandie », continue-t-il d'expliquer. En effet, après les bulots de la Baie de Granville, en 2019, et le cidre normand (1996), le fromage est le troisième produit local qui devrait être labellisé IGP, sachant que l'huître est normalement la suivante. Il y a environ trois ans, l'Inao a créé une commission pour délimiter géographiquement la Normandie dans le dossier des huîtres. « La bonne nouvelle, c'est que nous venons de recevoir un mail pour nous annoncer que le travail de cette commission arrivait à son terme ! », s'enthousiasme Julien Lafosse. Même s'il ne peut pour l'instant s'avancer sur une date précise de création de cette limite, l'ostréiculteur a retrouvé de l'optimisme à ce sujet, tant le dossier semblait être un véritable serpent de mer pour une partie de la profession. « Encore récemment, nous sentions que l'Inao n'était pas emballé par notre projet, mais depuis peu les choses paraissent avoir changé. Cette période de creux due à la crise sanitaire semble s'éloigner et nous repartons sur une bonne dynamique », poursuit Julien Lafosse. Bien que toute la profession n'y adhère pas, Julien Lafosse et le comité régional conchylicole de Normandie - mer du Nord semblent très suivis dans cette démarche. « Il y a clairement un besoin, plusieurs collègues viennent régulièrement me voir pour me demander comment avance le dossier, confirme l'ostréiculteur. Le but de cette démarche est d'établir un critère de qualité pour le consommateur avant tout. C'est la garantie d'avoir un produit de production normande avec son cahier des charges strict. L'objectif, avec cette IGP, est de sortir du produit générique et nous souhaitons que ces hui^tres soient reconnues à leur juste valeur », conclut-il.