Un profil de vulnérabilité demandé

Le 15/07/2021 à 10:27

Les épisodes de mortalités survenus dans le bassin d'Arcachon en mai 2020 sur les huîtres marchandes, et au début de l'année sur le naissain, ne devraient pas rester sans suite. Le comité régional conchylicole d'Arcachon-Aquitaine a plaidé pour la réalisation d'un profil de vulnérabilité des eaux conchylicoles sous l'égide de l'État. La demande a été faite le 4 mai lors d'une réunion avec les services de la préfecture, les gestionnaires du parc marin, le Siba (Syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon), l'Ifremer, l'Agence de l'eau ou encore le comité départemental des pêches de Gironde. « J'ai senti la sous-préfète [d'Arcachon] très réceptive », indique Thierry Lafon, le président du CRC.

DEUX POINTS Le constat dressé par l'interprofession pour demander cette étude – dont l'objectif est de recenser, quantifier et hiérarchiser les différentes sources de pollution susceptibles d'impacter les eaux conchylicoles – tient en deux points. Le premier est la corrélation entre les phénomènes de mortalités et les épisodes pluvieux de forte intensité. Pour le CRC, ces pluies lessivent les sols de l'ensemble du bassin-versant et y drainent des contaminants. « Il n'y a qu'à voir la couleur du tatch [estran] qui vire du vert au gris dès que les crastes [fossés] se mettent à grossir », souligne Thierry Lafon. Le signe, selon lui, d'une régression de la flore lors de ces épisodes pluvieux.

Le second point est que, si la donnée brute concernant les contaminants dans les eaux du bassin ne manque pas, son utilisation se heurte à « des fonctionnements en silos », indique le CRC. « Cela manque de transversalité, explique son président. Les diagnostics n'appellent pas forcément à des mesures de gestion. Les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) par exemple, on les a identifiés mais on s'est arrêté là. » L'objectif est donc désormais d'obtenir un profil de vulnérabilité avec une approche éco-toxicologique. « Il s'agirait de voir comment les bestioles se comportent dans le milieu », poursuit Thierry Lafon, qui se souvient que cette approche avait permis d'identifier en son temps le TBT (tributylétain). Le Siba se serait positionné pour porter cette mission.