Le renouveau de la charentaise

Le 04/10/2021 à 15:14

Autrefois omniprésente sur les côtes européennes, l'huitre plate a subi la surpêche avant le coup de grâce des parasites Marteillia et Bonamia, dans les années 1960 et 1970. Elle est aujourd'hui inscrite sur la liste des espèces menacées de la convention Ospar pour la protection du milieu marin et les ostréiculteurs charentais ne sont plus qu'une poignée à s'y essayer, avec du naissain d'écloserie. Seuls deux à trois pêcheurs exploitent encore les maigres gisements naturels.

À l'image du projet Forever porté par les comités conchylicoles bretons, le renouveau de l'huître plate est aussi envisagé en Nouvelle-Aquitaine. Ici, l'idée est née entre 2016 et 2019 avec la mise en place de groupes de travail sur les filières, animés par le centre pour l'aquaculture, la pêche et l'environnement de Nouvelle-Aquitaine (Capena) au Château-d'Oléron. « Les huîtres plates ont été testées en marais et en filières avec des résultats encourageants. Plutôt que d'en acheter en Bretagne ou aux Pays-Bas, comme ils le font aujourd'hui, les professionnels ont manifesté leur volonté de s'engager pour le renouveau de l'huître plate charentaise », explique Cynthia Carpentier.

Ingénieure aquacole au Capena, la scientifique est en charge du nouveau programme Refona (Restauration flat oyster Nouvelle-Aquitaine) financé par la région (70 %) et l'Office français de la biodiversité (30 %), gestionnaire des parcs naturels marins de la mer des Pertuis et du bassin d'Arcachon. La première phase, qui vient tout juste de débuter, va consister à cartographier les gisements naturels d'huître plate. Pas une mince affaire puisque la seule carte existante dans les pertuis charentais n'est l'œuvre que d'un seul pêcheur professionnel. Deux gisements importants semblent toutefois exister dans le pertuis d'Antioche et dans le pertuis Breton. Les gisements du bassin d'Arcachon sont beaucoup moins évidents. L'élevage et la pêche d'huître plate y ont complètement disparu.

Les clubs de plongée viennent donc d'être sollicités pour faire remonter leurs observations. Des échanges sont également prévus avec des pêcheurs et d'anciens ostréiculteurs qui pourraient connaître d'autres gisements. À partir du printemps 2023, Cynthia Carpentier travaillera sur la stratégie de restauration des gisements. Il s'agira par exemple d'y intégrer du substrat artificiel si les travaux montrent que les larves peinent à se fixer. A contrario, des réensemencements sont envisageables si le problème vient d'une faible proportion d'adultes.

Audience inhabituelle le 3 juin devant le tribunal judiciaire de La Rochelle. À la barre, un courtier ostréicole implanté dans le bassin de Marennes et deux pêcheurs à pied ne disposant pas de licence professionnelle. Les trois individus étaient poursuivis pour avoir écoulé 10 tonnes de palourdes vers le marché de Rungis entre janvier 2018 et mai 2019. Un négoce estimé à 52 500 euros par le tribunal.

Ce trafic a été mis à jour par la gendarmerie maritime qui a contrôlé les pêcheurs à pied à deux reprises. Notamment quand ils ont été surpris en train de transporter une trentaine de kilos de palourdes sur leurs scooters, avec une maille non respectée. Même si le courtier a assuré ne rien savoir de l'absence de licence, sa défense plaidant la relaxe, le ministère public a requis trois mois de prison avec sursis à son encontre, ainsi qu'une amende de 5 000 euros et la confiscation de 25 000 euros sur les 70 000 saisis dans son entreprise. Le jugement a été mis en délibéré au 2 septembre.