Concession gratuite contre nettoyage

Le 02/11/2021 à 10:42

Nous avons ce qu'on peut appeler des verrues dans le bassin, et c'est particulièrement gênant dans les zones les plus productives », s'indigne Thierry Lafon, président du comité régional conchylicole d'Arcachon-Aquitaine, en évoquant les friches ostréicoles. Depuis longtemps déjà, l'éradication de ces parcs à huîtres laissés à l'abandon par leur concessionnaire est un sujet majeur sur le bassin d'Arcachon. Le CRC a ainsi identifié treize concessions témoignant d'une inexploitation prolon-gée dans le « Grand Banc », l'une des zones les plus réputées du bassin.

Il existe pourtant des procédures pour remédier à ces problèmes. L'absence d'exploitation sur une durée de trois ans est ainsi un motif de retrait de concession. Déjà alertée, la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) avait bien prévenu les professionnels concernés, mais sans succès. En concertation avec le CRC, elle entend désormais faire appliquer le droit. Pour ce faire, les autorités expéri-mentent un nouveau procédé. L'idée n'est plus de contraindre les concessionnaires défaillants mais plutôt de motiver les volontaires.

Ainsi, dans les zones les plus demandées, les parcs à huîtres dont les concessionnaires actuels ne satisfont pas à leurs obligations pourront être mis à l'affichage. «  Ils seront ainsi proposés contre nettoyage à qui sera assez vaillant pour les prendre, précise Thierry Lafon. Nous expérimentons un nouveau mode de gestion, mais il n'a rien d'exceptionnel. Ce sont des techniques que nous avons déjà employées de façon marginale et toujours avec des résultats positifs. »

Concessionnaires décédés ou manque de sérieux, les raisons qui poussent à délaisser une concession sont très nombreuses. « Ces négligences pourraient se comprendre dans certaines zones du bassin, mais en aucun cas sur une zone aussi productive que le Grand Banc qui intéresse beaucoup de monde », insiste Thierry Lafon. Car, au-delà de leur intérêt financier, ces friches négligées nuisent au voisinage. « Il y a d'abord le phénomène d'envasement. Ensuite, cette surcharge d'huîtres pose un problème de compétition trophique et favorise le développement des prédateurs et parasites qui, de fait, contaminent le voisinage. »

Aurélie Cheyssial