De l'holothurie en Charente

Le 02/11/2021 à 10:39

Après la Bretagne et la Méditerranée, Marennes-Oléron teste l'holothurie : l'idée consiste à élever des concombres de mer dans les claires pour apporter une source de revenus complémentaire aux ostréiculteurs. Une expérimentation d'élevage est en cours depuis le printemps dans une claire du Capena (Centre pour l'aquaculture, la pêche et l'environnement de Nouvelle-Aquitaine) au Château-d'Oléron.

«  La littérature nous indique [que les holothuries] pourraient potentiellement vivre dans ces marais », confie Pierrick Barbier, le responsable du programme Medihom porté par le Capena et notamment financé par l'Union européenne via le DLAL Feamp et le comité régional conchylicole. La réus-site de l'opération est délicate à estimer en cours de programme car les holothuries se cachent près des parois. Les essais pour-raient s'accélérer l'année prochaine dans le cadre d'un autre programme en gestation. Il s'agirait de relancer les expérimentations à plus grande échelle, à la fois dans les claires et en eaux profondes, en formant des petits écosystèmes associant des bival-ves (huîtres et moules), des concombres de mer ou des oursins et des microalgues.

Autant d'espèces interdépendantes qui se nourrissent des matières rejetées par les autres dans un système d'aquaculture mul-titrophique intégrée qui se rapproche de la permaculture en agriculture. Concernant les débouchés, outre la gastronomie asiatique, ils pourraient être pharmaceutiques, grâce à un partenariat avec un laboratoire (LIENSs) de l'université de La Rochelle. Les résultats sont pour l'instant prometteurs avec l'extraction de molécules permettant de lutter contre le syndrome métabolique lié au diabète ou contre les effets secondaires des chimiothérapies.

David Labardin