France Haliotis cultive les algues

Le 02/11/2021 à 10:50

À Plouguerneau, le producteur d'ormeaux France Haliotis dispose de nouvelles installations lui permettant de cultiver jusqu'à 50 tonnes de laitue de mer fraîche par an. Ce qui s'ajoute aux 100 tonnes d'algues récoltées chaque année. « La production coûte plus cher que la récolte mais nous y trouvons plusieurs avantages », explique Sylvain Huchette, fondateur de France Haliotis. Ces bassins de production permettent à l'entreprise de sécuriser l'approvisionnement de ses brouteurs (dix à quinze kilos d'algues sont nécessaires pour produire un kilo d'ormeaux), de lisser son stock sur l'année, de réduire la pression sur les champs sauvages mais aussi d'améliorer la croissance de ses ormeaux. En effet, les algues cultivées ont été sélectionnées et contiennent entre 30 à 35 % de protéines par matière sèche contre 20 % pour les laitues de mer sauvages. Ce qui accélère d'autant la croissance des ormeaux.

D'autres projets devraient voir le jour pour optimiser l'installation, comme la pose de panneaux solaires afin d'alimenter en partie le nouveau séchoir, déjà installé, car le surplus de production partira vers des usines de transformation (agroalimentaire ou cosmétique). Sylvain Huchette n'est pas opposé à la fourniture de plantules aux algoculteurs, même s'il ne juge pas ce débouché prioritaire au vu de la maigre demande et sachant que deux entreprises en fournissent déjà. « La faible demande en naissains d'ormeaux, alors que j'avais basé mon modèle économique initial dessus, m'a sans doute également vacciné ! », glisse-t-il. Mais le changement de cap vers la fourniture d'ormeaux à maturité lui réussit. Même la crise sanitaire n'a pas ébranlé ses ventes, pourtant tournées à 80 % vers la restauration. France Haliotis affiche + 25 % de croissance par rapport à 2019. « La pandémie nous a permis de conserver plus longtemps nos stocks pour assurer une meilleure croissance, sachant que la demande ne nous permettait plus de le faire avant le Covid. Et la clientèle des particuliers, confinée, a répondu présent. » Plus de 50 % du chiffre d'affaires a été préservé grâce à ces ventes directes et en ligne. Plus généralement, après avoir beaucoup travaillé à l'export, Sylvain Huchette relocalise avec satisfaction ses ventes. « Nous avons réalisé plus de 50 % de notre chiffre d'affaires en Bretagne en 2020 et cela devrait dépasser les 70 % en 2021. » La concession pour la culture d'ormeaux et d'algues brunes sur cordes à l'entrée de l'Aber Wrac'h a également été votée par la commission des cultures marines.

Haude-Marie Thomas