Plan Marshall en Pays d'Auray

Le 02/11/2021 à 10:44

En 2020, Philippe Le Ray, président de la communauté de communes d'Auray (Aqta), annonçait un plan Marshall post-norovirus. Le chantier avance même s'il s'annonce long et coû-teux, nécessitant de nombreuses études et démarches administratives. « Notre profession a pris un coup de massue ; nous avons besoin de regagner la confiance des consommateurs », commente Philippe Le Gal, président du comité régional conchylicole de Bretagne sud. Il s'impatiente : « Nous sommes tout de même 150 exploitations sur le territoire de la communauté de communes, et 450 entreprises en Bretagne sud. » Un référé expertise a été déposé au printemps 2020 auprès du tribunal de Rennes. De son côté, Joël Mathurin, préfet du Morbihan, estime que la détermination des pouvoirs publics est bel et bien là. « Nous allons signer en septembre un accord-cadre entre l'État, l'Atqa, et l'agence de l'eau Loire-Bretagne pour un premier diagnostic à la fin de l'année ». Le dispositif d'alerte de la qualité des huîtres mises à la consommation va également être amélioré.

«UN TRAVAIL DE TITAN NOUS ATTEND ! »

L'État discute enfin avec l'Agence nationale de l'habitat pour voir si des subventions sont possibles, sous conditions de ressources, pour remettre aux normes une partie des 11 600 maisons équipées d'as-sainissement individuel. Quant à Philippe Le Ray, il comprend l'impatience des ostréiculteurs, avec lesquels il entretient de bons rapports, et dont la colère avait marqué les esprits début 2020. Mais il explique que les travaux ne peuvent se faire en un claquement de doigts. « Sur le territoire d'Aqta, qui est grand, nous avons 1 000 kilomètres de réseaux d'eaux usées et 400 stations de refoulement, détaille-t-il. Les infrastructures datent pour la plupart de cinquante à soixante-dix ans, et elles sont en bout de course. Ce plan de réparation et restauration aurait dû être débuté il y a vingt ans déjà. Un travail de titan nous attend ! » Il faut donc établir des priorités et lancer les études. « Les travaux d'assainissement nécessitent de tout casser et de tout reconstruire ensuite. Cela représente beaucoup de dossiers de demandes de financement à remplir, des contraintes environnementales à respecter, des autorisations à demander, en lien avec les communes concernées. Sans compter que nous devons aussi contrôler les branchements des assainissements non collectifs. » Il ajoute que la collectivité tend la main aux ostréiculteurs pour les soutenir en ingénierie financière afin qu'ils puissent décrocher des aides pour moderniser leurs installations, avec des créations de bassins de repli notamment.

Charlotte Viart