Prédation : les gaines Nodus Factory en test

Le 02/11/2021 à 11:04

«JE N'AURAIS PAS SUPPORTÉ DE RESTER LES BRAS CROISÉS ! »

« Face à la prédation, jamais je ne m'étais posé autant de questions en vingt ans de carrière ! », souffle Laurent Denoual, dans son exploitation de Saint-Cast-le-Guildo. Le producteur avait initialement contacté l'entreprise Nodus Factory pour ses huîtres, intéressé par un système de poches flottantes. « Ils m'ont rappelé début janvier 2021 mais je leur ai indiqué que je ne souhaitais plus investir et je leur ai expliqué les difficultés auxquelles nous faisions face avec la forte prédation sur les moules », développe-t-il, précisant que la discussion s'engage ensuite sur la meilleure façon de protéger son stock. « Ils ont été réactifs », apprécie le Breton. En parallèle, cinq  producteurs dont Laurent Denoual déposent des demandes de subvention européenne via le DLAL Feamp pour l'achat de gaines. Laurent Denoual opte pour les cages en polymère proposées par Nodus Factory : un matériau à mémoire de forme et semi-rigide, conçu pour garder une certaine souplesse contre les coups de mer.

Le coût total du projet, pour les cinq producteurs qui ont choisi des solutions différentes, s'élève à 135 000 euros pour une prise en charge estimée à 80 %. « Cela reste un investissement important pour chaque producteur », note Laurent Denoual. Juste après son voisin Guillaume Bouchonneau, qui a choisi de développer sa propre solution (Mytiprotect), il est celui qui a le plus investi. « En coût (pour protéger l'ensemble des pieux) comme en main-d'œuvre d'ailleurs. Mais je n'aurais pas supporté de rester les bras croisés ! » D'autant que les daurades sont revenues dans la baie au cours de l'été. Avec ces protections, le producteur estime qu'il lui faut deux fois et demie plus de temps pour installer les pieux et une fois et demie pour les enlever.

L'idée est de maintenir des gaines de mars-avril à octobre. Celles-ci ont souffert des coups de vent au printemps mais le producteur précise que le produit est encore en phase de rodage. « Nodus Factory nous propose des solutions puis nous devons nous adapter à ce qu'il est réaliste de faire en une marée et ce qui correspond le mieux aux contraintes de notre entreprise. Disons que, s'ils ont la matière grise, nous avons les bras ! », glisse dans un sourire Laurent Denoual. Le matériel doit durer cinq ans et pourrait être recyclé tel quel, sans nettoyage préalable, à la fin d'un cycle d'utilisation. L'idée était aussi d'éviter de jeter les filets consommables à chaque saison pour adopter une démarche plus écoresponsable.

Haude-Marie Thomas