Valoriser les déchets coquilliers

Le 02/11/2021 à 10:52

Le comité régional conchylicole de Méditerranée vient de lancer une expérimentation de valorisation fine des coquilles d'huîtres. « C'est important pour nous car c'est l'un des premiers moyens de traiter une partie de cette thématique », explique l'institution. En Méditerranée, les conchyliculteurs de Leucate recyclent déjà leurs déchets coquilliers en îlots de nidification ou remblais. Les déchets des parqueurs de Thau sont eux ramassés par l'entreprise Coved, filiale du groupe Paprec, qui les valorise en remblais routiers et amendements calcaires. Mais d'autres usages existent, avec des producteurs participant déjà à la création de nouveaux matériaux : base pour homéopathie, produits biosourcés pour des impressions 3D, matériaux pour la mode, peintures climatiques qui permettent de limiter la diffusion de chaleur lors des canicules, etc.

« Avant de savoir si nous pourrons en faire des lunettes, nous tentons déjà d'évaluer le potentiel de ce gisement pur, précise le CRC. Cette expérimentation est une première dans l'Hérault. Elle a pour objectif d'évaluer la capacité des conchyliculteurs et des clients, en pleine saison estivale, à faire le tri des coquilles d'huîtres directement à la table. »

Avec la participation de l'agglomération de Thau, de la Coved et du Cepralmar, qui va assurer l'évaluation de la qualité de ces déchets, une collecte hebdomadaire a été organisée tous les lundis du mois d'août. Dans les dégustations, des bacs et des saladiers ont été mis en place pour que les clients aident à faire le tri dès le départ. Des flyers ont été édités pour les sensibiliser à cette action de recyclage.

« Selon l'analyse de la qualité, différentes pistes de valorisation pourront être envisagées : alimentation animale, cosmétique, béton, etc. Nous irons alors voir les industriels. Nous espérons ne pas trouver trop de rondelles de citrons parmi les coquilles ! », s'amuse le comité régional conchylicole.

Dix des douze dégustations de Loupian, commune de Thau qui comporte le plus grand nombre d'établissements ouverts au public, participent à cette expérimentation. Si celle-ci s'avère positive, la recherche de solutions pérennes sera l'une des actions du CRC de Méditerranée en 2022.

Hélène Scheffer