À mille lieues des soirées parisiennes

Le 15/03/2021 à 14:32

Privés de travail pendant la crise sanitaire, deux Parisiens associés au sein d'une société événementielle viennent d'achever leur première saison ostréicole sur l'île d'Oléron. La découverte d'un nouvel univers.

Habitués au monde de la nuit et aux paillettes des soirées parisiennes, rien ne les prédestinait à travailler dans les claires, à brasser des poches ou à s'affairer dans une cabane ostréicole oléronaise pendant deux mois et demi. C'est pourtant l'expérience qu'ont vécu Mathieu Piguet et Fantin Dufaÿ pendant les fêtes de fin d'année. Deux Parisiens producteurs et organisateurs d'un festival de musique, associés au sein d'une société d'événementiel.

Comme point de départ, il y a bien évidemment la crise sanitaire et l'arrêt de leur activité. Les deux compères ont d'abord envisagé de chercher un emploi temporaire, chez eux, en attendant des jours meilleurs. « Mais nous n'aurions rien appris avec un petit boulot à Paris », souligne Fantin. Alors pourquoi ne pas changer totalement d'univers en s'exilant sur le littoral charentais ? « L'idée me trottait dans la tête depuis longtemps. Vu le contexte, nous nous sommes dit que c'était peut-être la seule occasion de vivre cette expérience », ajoute Mathieu.

Férus de l'île d'Oléron depuis leur enfance, logés dans une ancienne bergerie achetée il y a une trentaine d'année par le père de Mathieu, tous les deux se sont rapprochés d'Éric Dousset, un ostréiculteur du chenal d'Arceau (Dolus d'Oléron) qui gère leur banc d'huîtres habituel sur le marché de Domino. Le premier entretien a été rondement préparé : « Nous avons regardé des documentaires avant pour ne pas avoir l'air trop ridicules », sourit Mathieu. « Du coup nous avons réussi à placer tous les nouveaux termes que nous avions appris, et ça a marché ! », ajoute Fantin dans un éclat de rire.

Grands amateurs d'huîtres, les voilà plongés dans l'envers du décor, à mille lieues des soirées parisiennes. « Évidemment, certains nous voyaient comme des Baignassouts [surnom donné sur l'île d'Oléron aux estivants] qui allaient venir en touristes, il y a eu pas mal de vannes », se souvient Fantin. Un sentiment balayé au fil des jours à force de voir les deux néo-saisonniers s'atteler à la tâche, et surtout prendre un plaisir immense au quotidien. D'autres ont toutefois éprouvé davantage de difficultés à l'image de leur ami venu s'y essayer une demi-journée. « Il y a un cap mental à passer avec des tâches longues et répétitives, lui était cuit au bout de 30 minutes », s'esclaffent les deux compères.

Reste une expérience « très enrichissante » aux côtés des autres saisonniers venus d'horizons très différents. « Cette équipe, ces rencontres, c'était touchant, je pense qu'on va se revoir dans un autre contexte. Nous sommes vraiment heureux de l'avoir fait, il y a forcément un pincement au cœur quand ça s'arrête », explique Mathieu. Forts de cette expérience, tous les deux redoublent d'impatience pour mener un autre projet mûri de longue date : l'organisation d'un festival de musique gratuit sur l'île d'Oléron en y associant des amis impliqués dans des associations insulaires. Les fondations en sont déjà posées et la première édition pourrait voir le jour l'été prochain.

En attendant, l'escapade oléronaise s'est terminée lors de la Saint-Sylvestre en compagnie de quatre amis venus les rejoindre. Avec des souvenirs plein la tête, quelques kilos en moins, les corps endoloris, mais aussi l'envie, pourquoi pas, de découvrir une autre facette du métier une prochaine fois.

«NOUS AVONS REGARDÉ DES DOCUMENTAIRES AVANT POUR NE PAS AVOIR L'AIR TROP RIDICULES. »