Des bénévoles et un vieux gréement

Le 04/10/2021 à 15:24

Un chantier participatif a été organisé à Rochefort autour d'un bateau ostréicole construit en 1965.

(Château-d'Oléron) aux lasses marennaises (Bourcefranc-Le Chapus), deux associations bien connues sur le territoire. Mais une structure d'un genre nouveau, plus axée sur le grand public, a vu le jour à Rochefort, en bordure de la Charente. Une fois par mois, artisans, férus de bricolages ou simples adhérents en quête de connaissances se retrouvent dans le local de l'association, baptisée Les Ateliers partagés de l'estuaire. Un chantier participatif piloté par le jeune charpentier de marine Camille Léret.

L'histoire a débuté en 2016 avec l'acquisition d'un vieux gréement ostréicole, le Collecteur 2, acheté à Saint-Martin-de-Ré. Rapidement classé au titre des monuments historiques par l'association, ce bateau de travail a été construit en 1965 sur le chantier naval oléronais Robert Léglise, avant d'être utilisé jusqu'en 1988 par la famille Charrier, des ostréiculteurs installés au Château-d'Oléron. Une entreprise rétaise l'a ensuite acheté pour le convertir en bateau de plaisance, mais deux résidents secondaires parisiens en ont finalement fait l'acquisition. Sa mise hors d'eau pendant trois ans aura malheureusement accéléré sa dégradation, et c'est à l'état d'épave que le bateau a fini par passer entre les mains de l'association rochefor-taise pour l'euro symbolique.

siècle reconstruit à l'identique entre 1997 et 2014. « Travailler ensemble nous enrichissait au niveau des techniques, il y avait une émulation, nous avions envie de développer cela quand le chantier s'est arrêté », explique Camille Léret. Lui vivra la même expérience pendant deux ans aux côtés de la compagnie La Machine (Nantes), avant de revenir dans la cité de Colbert pour créer son entreprise, Réparation navale Léret. « J'ai alors retrouvé mes collègues de l'Hermione et nous avons lancé l'association. Il y avait encore plusieurs charpentiers qui vivaient dans le secteur, des mateloteurs ou des forgerons. Tout cela est né de la volonté de partager notre savoir-faire, de transmettre les techniques de construction traditionnelles », ajoute-t-il.

Quand le chantier du Collecteur 2 sera terminé, Camille Léret et l'association ont prévu d'organiser des sorties et de participer aux traditionnelles régates de vieux gréements. Des guides touristiques pourraient également l'utiliser pour des visites de l'estuaire, aujourd'hui faites à pied ou à vélo. Au-delà de cette restauration, certains adhérents mettent à profit l'atelier et ses machines pour restaurer des guitares ou pour fabriquer des reliures de livres en bois. « Les gens viennent avec leurs projets, nous sommes là pour les orienter, les conseillers », ajoute Camille Léret.

Avec son entreprise, l'homme vient par ailleurs de terminer la restauration du sloop baliseur Le Clapotis, utilisé entre 1920 et 1979 par le service des phares et balises pour le compte de la mairie de Saint-Pierre-d'Oléron. Il a maintenant pris la direction de Charron au chevet du Boucholeur, une lasse utilisée dans les années 1950 par les mytiliculteurs du pertuis Breton. Mais Camille Léret n'oublie pas sa mission associative : redonner au Collecteur 2 son lustre d'antan.

(1) Ce chantier a été fondé en 1890 par une famille de charpentiers de marine venue d'Arcachon. Le dernier successeur en a fait don à la commune. Le site est aujourd'hui géré par une association éponyme.